Amour vrai : c’est quoi aimer vraiment ?

Amour vrai : c’est quoi aimer vraiment ?
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Comment savoir si notre amour est de l’amour vrai ? Voici quelques critères

1. Amour vrai constructif ou fusion destructrice

On a souvent tendance à confondre l’amour vrai et ses « contrefaçons médiatiques », notamment la passion ou l’attachement passionnel, qui est d’ordre « fusionnel ».

L’amour passionnel se mue souvent en haine passionnelle, car l’attachement passionnel est possessif. Il est prédateur et cherche à capter l’autre pour soi, au lieu de le recevoir comme un don, comme une grâce qui nous est faite. On aime quelqu’un tant qu’il répond à notre demande affective, à notre demande de sécurité, quand il nous appartient. L’attachement passionnel, qui se traduit par ses « fluctuations » entre amour et haine, tisse en réalité des liens qui étouffent et emprisonnent. Il ligote l’un et l’autre, et interdit en réalité l’amour authentique, car il interdit la liberté de l’autre, laquelle est pourtant la condition de l’amour.

Si nous aimons vraiment, nous laissons l’autre libre. Car lorsque l’on aime, il faut être libre, non seulement de l’autre personne, mais aussi libre par rapport à soi, par rapport à ses manques ou à ses carences affectives.

Il arrive souvent que, dans la quête de l’amour, on fasse passer le désir d’être désiré, d’être aimé et reconnu, avant l’amour de l’autre pour lui-même. Ce qu’on aime alors, ce n’est pas vraiment l’autre, mais c’est l’amour par lequel on se « sent exister ». L’amour vrai au contraire, cherche plus à donner et à se donner qu’à prendre et à capter.

C’est une erreur de croire que, dans la passion, on aime « trop » : dans la passion, en réalité, on n’aime pas assez l’autre, parce qu’on l’idéalise totalement et qu’on l’aime de manière très égocentrée, pour nous et non pour lui. L’amour vrai veut le bonheur de l’autre, il souhaite la réciprocité mais n’attend rien en échange.

L’amour vrai est communion, plus que fusion, parce qu’il préserve le mystère de l’altérité de l’autre, il ne prétend pas l’abolir : l’autre restera toujours autre, nous ne ferons jamais totalement « un », même si nous pouvons espérer vivre une vraie communion.

2. Aimer vraiment c’est reconnaitre une âme unique

La passion idéalise l’autre et le divinise, là où l’amour authentique implique, bien au contraire, une profonde « lucidité » sur les limites et les imperfections de l’autre. On attribue à l’autre des perfections et des qualités qu’il ne possède pas réellement, mais seulement imaginairement, d’où la déception qui accompagne le dur retour à la réalité. Cet amour passion s’attache à des particularités – la beauté, l’intelligence, la force, le courage – en elles-mêmes périssables ; si j’aime une personne pour ces qualités seulement, je dois m’attendre, un jour où l’autre, à cesser de l’aimer. Loin d’avoir aimé l’autre pour ce qu’il était lui-même, on ne s’est attaché qu’à des qualités qui peuvent aussi se trouver en d’autres personnes.

Ce qui est propre à une personne, c’est ce qui fait non plus sa particularité mais sa singularité, autrement dit c’est ce qui fait son unicité, ce qui fait qu’elle est pour nous irremplaçable. L’amour vrai c’est pouvoir choisir l’autre personne entre toutes et pouvoir continuer à l’aimer, quand bien même elle serait amoindrie par la perte de ses facultés ou par le vieillissement. À une personne que l’on aime ainsi, on doit pouvoir dire « merci d’exister ».

Cet amour humain est alors un « amour en Dieu » : d’une part, il est à l’image de l’amour de Dieu, il ne passe pas ; d’autre part, il aime en l’autre non pas ses qualités périssables, mais précisément ce qu’il y a de divin en l’autre, son âme éternelle, créée à l’image de Dieu.

3. Amour vrai : vocation et non fatalité

Nous sommes parfois tentés de nous représenter l’amour comme un « destin », c’est sans doute parce que nous restons inconsciemment marqués par le mythe de Tristan et Iseult, qui présente l’amour comme une « fatalité » à laquelle les amants ne peuvent pas échapper. Or dans cette représentation, on confond totalement l’amour et la passion amoureuse.

La littérature et le cinéma (songeons à la Phèdre de Racine ou à Anna Karénine de Tolstoï) nous abreuvent constamment de ces relations passionnelles, qui ne sont pas de l’amour et sont souvent sans lendemain, en masquant bien souvent le caractère fatal et destructeur de la passion pour ceux qui en sont la proie. Il n’en va pas de même de l’amour vrai. Dans l’amour, qui est plutôt une vocation, il y a certes une attraction qui me pousse vers l’autre, mais cette attraction ne force pas ma liberté et c’est pourquoi elle n’est aucunement un destin. Cet attrait ne fait pas violence à ma liberté parce qu’il n’a rien de fatal, il n’est pas comme l’attraction de deux aimants qui se meuvent l’un vers l’autre en vertu d’une force irrésistible.

Ce qui, en général, garantit la durabilité de l’amour, c’est lorsque les conjoints ont la certitude mutuelle de se recevoir l’un l’autre comme une grâce de Dieu. Ce discernement ne supprime pas la part de risque qui est au cœur de l’amour vrai, car l’on ne pourra jamais avoir de certitude complète sur l’avenir à long terme d’une relation, d’où la nécessité de poser un acte de foi dans ce domaine. C’est pourquoi il arrive souvent que vouloir « jouer la sécurité », par peur de se tromper ou de faire le mauvais choix, risque toujours de tuer l’amour, car l’on ne pourra jamais avoir de certitude complète sur l’avenir à long terme d’une relation, d’où la nécessité de poser un acte de foi dans ce domaine.


Interview de Jacques Salomé (psychologue) sur l’amour vrai :

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