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| Si Dieu est amour, pourquoi certains chrétiens ne manifestent-ils pas cet amour ? | | par T.G.
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En quoi le Christianisme est-il meilleur qu'une autre religion ? Si Dieu est amour, alors pourquoi certains chrétiens se comportent-ils mal ?
| Un constat… | 
C'est vrai, certaines personnes chrétiennes, ou l'Église à certains moments de l'Histoire, ont porté le nom du Christ ou de Dieu et se sont parfois comportés en criminels, en menteurs, en hypocrites. Encore de nos jours, c'est quelques fois d'actualité.
Le comportement de certains chrétiens hypocrites est indubitablement un affront et une trahison à la personne de Jésus-Christ, qui est venu pour nous permettre de répondre au mal par le bien (1). L'image de Dieu a été souillée par leurs méfaits, car Dieu est amour (2). La vraie signification de la croix, qui est réconciliation, pardon et amour du prochain, n'a pas été transmise. Dans l'Histoire, des hommes ou des femmes qui se disaient croyants, ont caché leur soif de pouvoir, de prestige ou d'argent derrière une pieuse façade. Cela est vraiment malheureux. Par leurs agissements, ils montraient en fait qu'ils n'avaient pas invité Dieu dans leur vie.
(1) Epître de Paul aux Romains ch.12 v. 9-21
(2) 1ère épître de Jean ch.4 v.8
C'est pourquoi, permettez-moi de dire, au nom de plusieurs chrétiens, combien nous regrettons les actions commises par nos prédécesseurs ou nos contemporains au nom de Jésus ou de Dieu. Nous aimerions vous demander de pardonner les personnes qui vous ont blessé(e).
Nous croyons qu'il n'est jamais trop tard pour corriger le cours de l'Histoire. Nous ne sommes pas condamnés à vivre sous le joug de l'amertume et des préjugés. Dans cet esprit, le pape Jean-Paul II a publiquement demandé pardon aux Juifs pour les agissements de l'Eglise sous l'occupation. Nous aimerions que les paroles de Jésus retrouvent tout leur sens : "L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a oint pour guérir ceux qui ont le cœur brisé et pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé pour proclamer aux captifs la délivrance et aux aveugles le recouvrement de la vue ; pour renvoyer libre les opprimés, pour proclamer une année de grâce du Seigneur" (Esaïe 61:1).
| Mais aussi… |
A contrario des
tristes personnes mentionnées précédemment, certains chrétiens ou
certaines communautés sont des exemples pour l'humanité. Ceux-là
veulent vraiment suivre Jésus et le manifestent dans leurs actes et
leurs paroles. Grandes figures du passé et du présent ou individus
anonymes ne recherchant pas la reconnaissance mais se donnant librement
aux autres : tous nous pouvons citer un exemple vécu, lu ou entendu de
cet amour partagé. Malheureusement, comme en tout, le mal
crie plus fort que le bien. On ne voit que lui ; on ne retient que lui.
C'est pourquoi il est juste aussi de citer tous ces orphelinats,
écoles, dispensaires, missions humanitaires et autres actions
quotidiennes réalisées de par le monde par tous ces chrétiens
silencieux. Reconnaissons également à l'Eglise ses mérites et ses
efforts à vouloir que la paix et l'amour s'établissent entre les hommes
: abolition de l'esclavage, alphabétisation, réforme des prisons,
défense des droits de l'homme… La liste est longue.
Il serait fort dommage que nous nous fermions à l'amour de Dieu,
véritable et toujours actuel, à cause du comportement de certains. Ce
serait « jeter le bébé avec l'eau du bain ». Le vrai
christianisme en effet, n'est pas une religion au sens classique du
terme, c'est-à-dire une croyance pratiquée par superstition ou
tradition. C'est avant tout, tel que Jésus l'a enseigné, une relation
vivante et quotidienne avec Dieu : « Moi je suis venu afin que les
hommes aient la vie et qu'ils l'aient en abondance », « Or la vie
éternelle, c'est qu'ils te connaissent toi, le seul vrai Dieu, et celui
que tu as envoyé, Jésus-Christ » (Évangile de Jean 10:10 et 17:3).
| La solution... |
Jésus a toujours combattu les préceptes religieux accomplis par tradition ou par superstition. Il est venu au contraire pour résoudre le vrai problème de l'humanité : la présence du mal en nous.
« quiconque se livre au péché est esclave du péché... si le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres », « sans moi vous ne pouvez rien faire » (Évangile de Jean 8:34-36 et 15:5). Vaincre le mal en nous, nos mauvaises tendances ou pensées, résister à la colère, à la tentation, combattre l'envie ou la jalousie, ne pas chercher à être "quelqu'un"... N'est-ce pas difficile ? Si nous nous en remettons à notre propre volonté, nos actions seront toujours gouvernées par des motivations intéressées et pas toujours justes (consciemment ou non). Nous avons besoin de l'action de Dieu en nous pour voir une transformation. C'est le message de Jésus.
Toute religion est par définition un effort de l'homme pour aller vers le divin. En ce sens, ce ne peut être de notre part que des tentatives maladroites de personnes touchées par le mal, essayant de plaire à un Dieu supérieur et pur. La religion ne change pas la nature humaine. Il n'est pas surprenant alors que, comme dans une autre activité humaine, l'on trouve dans toute religion des abus, des ignorances, des malveillances. Le christianisme, s'il est vécu comme une religiosité ou une superstition (et non comme une relation vivante et personnelle avec Dieu), n'échappe pas à la règle.
Seule une communion intime avec Dieu, au travers de Jésus-Christ, peut nous faire espérer vaincre le mal en nous. Seul le Saint-Esprit, promis par Jésus à tous ceux qui confient leur vie à Dieu, a la capacité de nous transformer en profondeur et durablement. Nul ne peut prétendre par lui-même être meilleur que les autres et dire : « moi je ne ferais pas ça ». C'est ce que Pierre, disciple de Jésus, a dû apprendre à ses dépens. Il claironnait qu'il serait prêt à mourir pour Jésus, qu'il ne le trahirait pas. Cependant, comme tous les autres, c'est pourtant ce qu'il a fait au moment de l'arrestation du Christ. Comme nous, il était aveugle sur lui-même et n'avait pas conscience du mal qui demeurait en lui.
Si vous pensez que si vous étiez chrétiens vous n'agiriez pas de façon mauvaise, reconnaissez avec humilité que vous ne pouvez pas en être sûrs. Jean-Jacques Goldman exprime une prise de conscience similaire dans sa chanson "né en 17". Mais avec l'intervention de Dieu dans nos vies quotidiennes, la lumière de l'espoir vient changer ce sombre tableau. Ainsi, Pierre, plus tard rempli du Saint-Esprit, sera un tout autre homme : persécuté, emprisonné, menacé, il répondra au mal par le bien et restera ferme dans son amour pour les autres (livre des actes des apôtres).
C'est bien à cette relation vivante et bienfaisante que Jésus nous appelle. C'est cette relation qui a habité ou habite mère Térésa, sœur Emmanuelle, Martin Luther King ou William Booth (le fondateur de l'armée du salut). C'est aussi celle qui est à notre portée à tous, qui que nous soyons, et que nous pouvons expérimenter tous les jours. La décision nous appartient. Quand chacun, par les forces qu'il puise dans sa rencontre avec Dieu, apporte un peu de bien autour de lui et pense aux autres, la vie a du goût, l'Église devient belle. |
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