Pardon, excuse, oubli: ce que le pardon n’est pas

Pardon, excuse, oubli: ce que le pardon n’est pas
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Différence en pardon et excuse, pardon et oubli, pardon et réconciliation…

Le pardon n’est pas l’oubli.

Souvent les gens disent : « Allez, trace un trait, tourne la page, dans peu de temps tu ne t’en souviendras plus ». Les professionnels de la psychothérapie savent combien on n’oublie jamais. Les blessures dites « oubliées » ont été enfouies dans l’inconscient et elles continuent de travailler les personnes (voir: effets du non-pardon). On est obligé de les faire émerger à nouveau pour être capable de les traiter. Pardonner ne veut pas dire oublier, cela veut dire cicatriser. On pourra se souvenir de l’événement mais on n’aura plus de ressentiment intérieur. Une cicatrice ne fait plus mal. C’est ce qui arrive lorsqu’on pardonne : on ne souffre plus.

Le pardon ne signifie pas excuser.

Excuser veut dire qu’on ne tient pas l’offenseur pour responsable de ses actes. On a tendance à lui trouver des circonstances atténuantes. On explique son geste ou ses paroles par la connaissance de sa vie. On minimise ses actes ou ses paroles. Bref, on le protège et on nie le mal qui nous a été fait. Mais une faute n’est pas excusable, quand bien même on peut l’expliquer. Une faute nécessite le pardon. Saviez-vous d’ailleurs que lorsque Dieu se présente à Moïse, il se présente comme Le miséricordieux, celui qui pardonne, mais qui ne tient pas le coupable pour innocent ?

Le pardon n’est pas synonyme de réconciliation.

Encore une fausse idée ! Qu’est-ce qui établit et maintient une relation ? La confiance mutuelle. Si la confiance est trahie, elle ne peut revenir par simple décision de la volonté. La confiance se gagne, se mérite, se construit, en l’occurrence doit se reconstruire. Deux amis qui se blessent sévèrement ne peuvent pas décider que tout va continuer comme avant, d’un claquement de doigt. Réconciliation et pardon ne sont pas identiques. La réconciliation est une suite du pardon, à souhaiter, mais ce n’est pas systématique. À la suite d’une blessure, il faut décider : est-ce que je continue cette relation ? Est-ce que je peux l’approfondir ? Sinon, elle s’arrêtera, tout simplement, car elle a été rompue.

Le pardon ne s’impose pas.

Le pardon est un acte d’amour : « par don ». La personne qui pardonne doit demeurer libre de son choix. Obliger quelqu’un à nous pardonner, c’est lui dire : « je veux que tu m’aimes malgré les vacheries que je t’ai faites ». On peut le souhaiter et le demander. On ne peut contraindre l’autre à le faire. Sinon ce n’est plus un pardon.

Le pardon n’est pas une démission de ses droits.

Le pardon ne vient pas éliminer la justice. Un voleur pardonné n’est pas dispensé de rendre son bien à autrui. Le pardon n’enlève pas non plus les conséquences d’un acte ou d’une parole malheureuse. Pardonner un meurtrier ne ramène pas à la vie la victime. Le pardon n’est pas un acte de justice. C’est une démarche d’amour pour la réhabilitation de l’offenseur, de son être. C’est le dissocier du mal qui l’habite et qui l’a conduit à mal agir et ne pas le condamner avec.

Le pardon ne change pas l’autre.

Quand on pardonne, quelque chose d’extraordinaire se passe, qui nous guérit et nous libère. Mais il ne faut pas pardonner en pensant que c’est ce qui va faire changer l’autre. L’offenseur pourra prendre conscience de sa conduite et changer de comportement et d’attitude intérieure. Mais on n’a pas de pouvoir sur l’autre, qui reste libre et responsable de reconnaître ou non sa faute


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