Histoire de la Bible

Histoire de la Bible
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Origine, transmission, constitution de la Bible au cours des siècles. La Bible, pourtant écrite sur une longue période, est le livre le plus fiable au monde

Origine, transmission, fiabilité des textes de la Bible

Constitution de l’Ancien Testament

Le terme de « Bible », vient du mot grec biblos qui signifie «les livres». On pense que c’est vers 400 apr. J.C. qu’on a commencé à appeler Bible l’ensemble constitué de l’Ancien Testament (AT) et du Nouveau Testament (NT)(66 livres au total). Le fait d’employer le singulier indique que l’on considérait ces livres comme formant une unité particulière, faisant de la Bible une pièce supérieure à toutes les autres œuvres littéraires d’origine humaine.

Au début, les livres étaient écrits sur des rouleaux de parchemin séparés. Puis, dans les premiers siècles apr. JC., on inventa le codex, manuscrit où les deux faces d’une feuille sont écrites et où les feuilles sont reliées entre elles. On a pu alors rassembler plusieurs livres. Les plus célèbres sont le codex du Sinaï, du 4ème siècle (composé du NT et d’une partie de l’AT) ; le codex d’Alexandrie, du 5ème siècle (qui comprend la Bible presqu’entière) ; le codex du Vatican, du 4ème siècle (qui comprend aussi presque toute la Bible).

C’est grâce au travail de fourmi des scribes juifs, qui recopiaient scrupuleusement les textes, que l’AT nous est parvenu à travers les âges. Pour être sûr de leur travail, ils comptaient le nombre de lettres, le nombre de certaines expressions, la lettre du milieu à chaque ligne, ainsi que le mot et le verset du milieu dans chaque livre ! C’est ainsi, que, malgré un procédé humain de transmission, nous pouvons être entièrement sûr de la fiabilité du texte en notre possession.

Les éditions actuelles de nos Bibles se basent toutes sur le manuscrit le plus complet existant à ce jour : il se trouve à St Petersbourg et est daté de 1008 apr. J.C. Il est appelé texte massorétique en référence aux Massorètes, les rabbins qui ont soigneusement copié l’AT entre 500 et 1000 apr. JC. Ce sont eux qui ont mis des voyelles dans le texte hébreu, afin d’en fixer la prononciation (qui avait tendance à se perdre) et l’ont divisé en versets.

Nous possédons en plus de ce texte quelques 2000 fragments de l’AT et 4 traductions. Deux sont datées de –300 av. JC. : ce sont la Septante, traduction grecque, et les Targums, traduction araméenne. Elles ont été faites pour les Juifs de l’exil ne sachant plus lire l’hébreu. Les deux autres traductions de l’AT ont été réalisées par les chrétiens au tout début de notre ère (1er au 5ème siècle apr. J.C.) : ce sont la syriaque (langue parlée en orient à l’époque) et la vulgate (en latin, écrite par St Jérôme, en 405. (C’est elle le premier livre qui sera imprimé en 1455 par Gutenberg !). 

Grâce aux comparaisons que nous pouvons faire entre tous ces textes, les éditions actuelles nous offrent un texte dont la fiabilité est sûre à 99,9 % !

Avant la seconde guerre mondiale, tous les manuscrits disponibles étaient postérieurs à J.C. (an 100 ou 200, pour les textes les plus vieux). Cependant, nous possédons actuellement des manuscrits de l’AT antérieurs à J.C. : ce sont ceux des grottes de Qumrân, datés de –300 à -200 av. J.C. Ils contiennent pratiquement tout l’AT et leur découverte est capitale. En effet, elle a permis de vérifier le texte massorétique et de le valider ! Le livre d’Esaïe par exemple, est complet et a été écrit d’un seul tenant, sur des feuilles de cuir cousues ensemble. Le rouleau fait 7,30 m de long et est exposé à Jérusalem. C’est la preuve que la Bible n’est pas un recueil de textes remaniés au cours des siècles et que les prophéties qu’elle contient ont été écrites bien avant les événements ! (voir : les prophéties annonçant le Messie)

Constitution du Nouveau Testament

En ce qui concerne le NT (écrit en grec), le fragment le plus ancien connu à ce jour est un papyrus daté de 125 apr. J.C., contenant une partie de l’Evangile de Jean. Il existe en plus de lui environ 5300 autres fragments ou morceaux entiers du NT. A cela, il faut ajouter 9000 anciennes traductions d’après les écrits originaux, et presque 36 000 citations bibliques des Pères de l’Eglise (sages des premiers siècles apr. J.C.). Tout ceci a permis l’établissement et la confirmation du texte original avec une fiabilité quasi parfaite. (voir : Les évangiles sont-ils fiables ?)

Constitution du canon biblique

On appelle « canon biblique » ou livres canoniques », les livres présents dans nos Bibles, reconnus unanimement comme ayant été inspirés par Dieu. « Canon » veut dire « canne, roseau » : c’était un instrument qui servait à mesurer, à donner la règle, à dire ce qui est vrai ou pas.

L’Ancien Testament

Les Juifs ont eu très tôt l’habitude de conserver les textes faisant autorité et reconnus comme inspirés de Dieu. La notion de « livres saints » commence avec Moïse, quand il reçoit les tables des 10 commandements, « tables de pierre écrites du doigt de Dieu » (Exode ch.31 v. 18). Selon l’ordre de Dieu, Moïse rédigea ensuite la Torah, ou pentateuque (les cinq premiers livres de la Bible). Il fut suivi au travers des siècles par différents auteurs, dont des prophètes, qui recevaient directement des révélations de la part de Dieu. Tous ces livres étaient reconnus par la communauté juive comme inspirés directement par Dieu. Ils ont donc été copiés fidèlement et transmis de génération en génération par les prêtres. Très tôt, le « canon » hébraïque s’est donc constitué. Les chrétiens, naturellement, reconnaissent les mêmes livres comme venant de Dieu.

Le Nouveau Testament

Les apôtres que Jésus avaient formés et choisis, témoins de ce que le Christ avait fait et dit, étaient les figures d’autorité des premiers chrétiens (ainsi que Paul, désigné apôtre plus tardivement). Ils étaient les dépositaires de  l’enseignement de Jésus. Trois d’entre eux, Paul, Pierre, Jean, puis Matthieu ont très tôt écrit aux différentes églises de l’empire romain, des lettres reconnues comme inspirées par Dieu (les épîtres). Ils mandataient aussi des disciples pour écrire sous leur patronage. Ainsi  Luc, un médecin, a-t-il rédigé son Evangile et le livre des Actes, sous le contrôle de Paul ; Marc fit le sien sous l’autorité de Pierre.

Les apôtres demandaient la lecture publique de ces textes lors des cultes et encourageaient leurs copies, pour une ample diffusion. Mais il fallut longtemps avant que toutes les églises aient chacune un exemplaire de tous ces écrits, car l’on copiait les textes à la main et il fallait ensuite les acheminer en voyageant à travers tout l’empire. Aussi, l’enseignement de Jésus se transmettait en pratique de façon surtout orale. Dans une culture habituée à ce mode de communication et où l’on pouvait se fier à sa mémoire, cela ne posait pas problème. Les apôtres étaient les garants des déviances possibles.

Cependant, après leur mort, c’est-à-dire au début du IIème siècle, de faux apôtres ou des personnes écrivant sous le nom des apôtres, firent circuler des écrits séditieux, se réclamant d’une inspiration divine. D’autres, mieux intentionnés, écrivirent des lettres dignes d’intérêt, mais n’ayant pas forcément été validées du vivant des apôtres.

Pour ne pas s’écarter de l’enseignement de Jésus et pour pouvoir le transmettre de façon fiable au fil des siècles, l’Eglise fit donc un long travail de recensement et d’authentification des écrits apostoliques. Nous possédons de nombreux ouvrages d’auteurs chrétiens du IIè siècle relatant les faits de l’époque. Nous savons donc ce qui s’est passé pour l’Eglise. Le tri entre les textes issus des apôtres et les autres, se fit selon 3 critères principaux :

1) l’approbation de la plupart des églises : les lettres dont l’autorité était reconnue par la majorité des églises ont été sélectionnées.
2) la paternité apostolique des écrits : seuls ont été retenus les textes soit ayant été écrits originellement par les apôtres, soit écrits par d’autres, mais sous leur contrôle (ceux de Marc, Luc).
3) la valeur spirituelle de ces livres : les lettres intéressantes mais où, de l’avis général, les doctrines exprimées n’étaient pas toujours équilibrées, ont été laissées de côté.

27 textes ont été ainsi collectés puis finalement décrétés «norme» (ou canon) pour le Nouveau Testament, au IVème siècle (concile de Carthage). Cette longue période entre la date de rédaction des textes originaux et leur reconnaissance comme textes inspirés peut paraître source d’erreur. En réalité, ces livres étaient reconnus par la majorité des églises dès leur origine. C’est le tri d’avec les autres écrits qui fut surtout problématique. Nous pouvons donc être sûr de la fiabilité du Nouveau Testament. “Les écrits sacrés ne sont pas inspirés parce qu’on les a déclarés tels ; ils l’étaient en eux-mêmes avant qu’on les inscrive sur la liste (le canon). L’Eglise n’a fait que reconnaître ce qui était déjà établi par Dieu.” (Jules-Marcel Nicole, théologien).


Vidéo sur les manuscrits de la mer morte, datés de -200 avant J.C. :

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