Si Dieu existe, pourquoi la souffrance ?

Si Dieu existe, pourquoi la souffrance ?
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Résumé :
Le mal, l’injustice, la souffrance nous heurtent. Tout le monde crie : « pourquoi » ? Souvent, la souffrance est due à la méchanceté, l’égoïsme, l’orgueil, la cupidité de l’homme. Mais parfois les causes sont différentes (maladies, catastrophes). Selon le christianisme, la souffrance est une anomalie. Que fait Dieu, s’il est bon et tout-puissant ? La Bible répond à cette question. Dieu nous permet de traverser et de vaincre la souffrance, si nous voulons bien prendre le chemin qu’il nous ouvre…

La souffrance peut-elle être expliquée ?

Nous avons tous en nous ce sentiment que la souffrance est une erreur, qu’elle ne devrait pas exister. Si encore nous étions punis lorsque nous faisons le mal, cela serait un juste retour des choses. Mais non : la souffrance est aveugle, apparemment arbitraire, et donc perçue comme injuste. Même si nous faisons le bien, cela ne nous en met pas à l’abri. La souffrance n’a apparemment pas de cause et c’est ça qui en fait le drame. Pas de cause: donc pas de remède, pas d’échappatoire !

La souffrance a t-elle un sens ? Nous aimerions bien interpréter, expliquer les choses, afin de donner un sens aux événements. Les situations deviennent ainsi moins illogiques. Nous avons prise sur elles, et non l’inverse. Mais la souffrance nous dérange parce qu’elle est absurde ; c’est une incohérence dans la logique de notre conception du monde. Selon certaines philosophies, le mal fait partie de la création. Mais pour les chrétiens, le mal est une anomalie.

Dans une certaine mesure, quand la souffrance est l’indicateur d’une perturbation modifiable, nous avons tout à gagner à en chercher la cause, afin de la traiter. Le fatalisme, qui consiste à accepter toute situation difficile sans rien dire, est de l’auto-annihilation. La souffrance n’a rien de bon en elle-même. Elle n’a pas de vertu curative ou pénitentielle.

Toutefois, s’il est juste de se poser un minimum de questions, nous ne pouvons pas chercher les raisons à toutes les souffrances, sous peine de risquer de tomber dans le négationnisme ou de tenir des propos inacceptables. Ainsi, vouloir expliquer la douleur immense de l’holocauste, de la torture, d’une catastrophe climatique ou tellurique, risque de nous faire penser et dire n’importe quoi. Nous risquons d’avoir des propos vexatoires, humiliants, injustes ou discriminatoires.

De plus, la douleur n’a plus de raison d’être entendue ni exprimée si elle est trop expliquée, trop rationalisée. Elle deviendrait alors partie intégrante des choses normales de la vie, au lieu d’être un indicateur d’anormalité. Ce n’est pas parce que je sais que j’ai un cancer incurable que je dois trouver ma douleur « acceptable » et que je n’ai plus besoin de l’exprimer.

Comment faire face à la souffrance ?

Il est possible de dépasser sa souffrance. Cela ne diminuera pas son intensité, mais de notre attitude face à elle pourront venir notre « délivrance » et notre croissance intérieure. Mal y répondre aura l’effet inverse : affaiblissement de notre être et amoindrissement de la beauté de notre caractère. Non pas que la souffrance soit une vertu en elle-même. Une telle conception cache un certain masochisme mystique. Mais nous pouvons choisir de bien réagir par rapport à la douleur, afin de grandir, de connaître, d’apprendre, de progresser.

Du mal, peut sortir le bien.

Comment ? Premièrement en prenant le temps de réfléchir et d’analyser ce qui se passe en nous. Être conscient de moi, de mes peurs, de mes frustrations : la souffrance peut-être propice à une intériorité salutaire. Derrière les ténèbres peut percer une lumière.

Quelques fois, d’heureux changements de vie sont déclenchés par une épreuve terrible : comme pour ce jeune d’un quartier difficile, emmuré dans sa délinquance, inconscient de sa situation, incapable de penser à se sortir de là. Maintenant, c’est un musicien doué, impliqué dans des groupes de la ville et dans une radio. Il a un métier qui le passionne, un avenir ouvert devant lui. Comment a-t-il opéré la métamorphose ? « Grâce », dit-il, « à l’accident » qui lui est arrivé. Il est en effet devenu aveugle, suite à une explosion qu’il avait provoquée. Il aurait pu s’enfoncer encore plus dans les ténèbres. Il en a fait un tremplin pour changer de vie. Bel exemple ! Beau courage !

Les évènements tragiques nous remettent en question, ébranlent nos idées reçues, disloquent les croyances erronées sur lesquelles reposent parfois nos vies. Et si ce qui me faisait mal était en vérité une atteinte à mon orgueil, à mon égoïsme ? Pour celui ou celle qui ose regarder la réalité en face et se remettre en question, le « déshonneur » peut devenir une chance. Quel épanouissement ce sera alors ! Quel bienfait pour lui (ou elle) et pour son entourage ! Ainsi, des menaces de divorce obligent-elles bon nombre de maris à revoir sérieusement leur comportement vis-à-vis de leurs proches. Pour celui qui souffre mais qui sait ouvrir les yeux sur lui-même, c’est un nouveau départ dans la vie, qui peut suivre.

Enfin, parler de sa plaie à quelqu’un d’autre est également nécessaire : lire, écouter, rechercher les conseils sages, dans une volonté d’échange et de partage. Dans la douleur, les gens se rapprochent les uns des autres. C’est une des conséquences bienheureuses de la souffrance. Celle-ci nous renvoie à notre humanité fragile et vulnérable. Nous (re)découvrons que nous avons besoin les uns des autres.

Nous comprenons mieux celui-là qui nous énervait auparavant, quand nous savons et expérimentons ce par quoi il est passé. Nous écoutons mieux celle-là qui souffre, parce que nous avons ressenti combien la seule écoute compréhensive était précieuse dans l’épreuve. Nous devenons plus humain, c’est-à-dire plus transparent, moins arrogant, plus abordable. Des masques tombent ; notre personnalité s’enrichit de compassion, c’est-à-dire d’un nouveau regard sur les autres, d’un nouveau désir d’aller vers l’autre. Notre égoïsme premier s’efface. La souffrance nous amène des amis. Et si c’était l’occasion d’apprendre un nouveau style de vie ?

La souffrance est aussi peut-être l’occasion d’une rencontre de l’Autre :

Où est Dieu dans la souffrance ?

Que nous soyons croyants ou non, la question de l’existence de Dieu surgit en nous lorsque nous pensons au mal. Avant de voir le point de vue chrétien sur le sujet, permettez-moi d’ouvrir une parenthèse destinée à chacun de nous ; cela vaut le coup de se poser les questions suivantes :
– Si nous disons ne pas croire en Dieu, pourquoi nous interroger de la sorte ?

– Si nous disons croire en Dieu, quel Dieu décrivons-nous quand nous essayons de répondre à la question ?

Voici ce que je vois dans la Bible, qui se dit être la Parole de Dieu:

  • Dieu n’est pas indifférent à notre sort

Des grandes figures du passé ont souffert et posé leurs questions à Dieu, qui sont rapportées dans la Bible. Cela nous montre combien Dieu veut nous écouter, prendre en compte notre douleur. Il ne prend pas plaisir à nous voir souffrir et offre sa compassion sincère : « L’Éternel est près de ceux qui ont le coeur brisé » ; « Il accomplit les désirs de ceux qui le craignent, il entend leur cri et il les sauve » (Psaume 34 v.19 et 145 v.19).
La Bible s’oppose aussi au concept de punition systématique derrière les événements (voir par exemple : Evangile de Luc ch. 13). Dieu n’est pas méchant. Il est bon : « Dieu est Amour » (1ère épître de Jean ch.4 v.8).

  • Certains maux, nous dit la Bible, sont malheureusement les conséquences directes de nos actes.

« Celui qui sème l’injustice récolte l’injustice » (Proverbes 22:8). Ainsi, une mauvaise gestion économique, le mépris des ressources terrestres, des choix politiques ou sociaux malheureux sont lourds de conséquence. À nous la faute. Dieu ne peut pas en être reconnu coupable. Nous avons été créés libres, ce qui veut dire  -par la même occasion – libres d’expérimenter le mal que nous faisons. Il y a de l’injustice sur terre, parce que l’homme maltraite l’homme : « Malheur à celui qui bâtit sa maison par l’injustice … qui fait travailler son prochain sans lui donner son salaire » (Jérémie ch.22 v.13).
Peut-être devrions-nous plus réfléchir à la présence du mal en nous et l’admettre enfin, au lieu de la nier ou de l’ignorer. Ce n’est qu’en prenant le taureau par les cornes qu’on gère les situations graves et qu’on prévient les catastrophes. À trop se voiler la face, il faut attendre qu’un drame survienne et (bien souvent) seulement alors nous agissons ! À nous donc de tirer les leçons de la vie et d’apprendre à être plus sages et moins égoïstes.

  • Certaines tragédies restent inexplicables

Les maladies (qui emportent parfois des bébés), les handicaps, les désastres climatiques ou terrestres (famines, tempêtes, tremblements de terre…) : pourquoi cela a-t-il lieu ? La Bible reste silencieuse sur ce sujet. Dieu ne nous en révèle pas l’explication.

Pourquoi ? Il semble que Dieu, dans sa souveraineté, a fixé là, la limite entre notre savoir et sa connaissance. En aucun cas cela signifie qu’il agisse de manière arbitraire ou capricieuse. Toute la Bible nous montre au contraire un Dieu plein d’amour, de sagesse et de pureté. Le chrétien lui fait donc confiance et accepte de ne pas être Dieu, de ne pas tout savoir.

Toutefois, Dieu nous apporte malgré tout une réponse : inattendue. Car Dieu a une réponse à notre souffrance. Mais elle ne se pose pas en termes explicatifs et rationnels…

L’ultime réponse de Dieu à la souffrance

La réponse divine à la souffrance, c’est une compassion et une consolation véritable, qui proviennent d’une identification et d’une victoire sur le mal :

identification : Dieu me comprend, m’écoute, a de l’empathie pour moi. Il sait ce que j’endure, connaît la profondeur de ma douleur, parce qu’il l’a expérimentée lui-même ! Oui, c’est le message extraordinaire de la Bible : ce Dieu si infini s’est un jour fait homme, en Jésus-Christ, avec toutes les limites et les faiblesses que cela comporte. Dans le Christ il a choisi de vivre pleinement notre tragédie. Il ne nous dévoile pas l’origine profonde du mal, mais il vient partager notre condition, cheminer avec nous, partager les moindres soucis, blessures de notre vie !

victoire sur le mal : Jésus s’est offert lui-même comme réponse au problème du mal et de la souffrance sur la terre. En mourant sur la croix, Dieu a fait retomber sur lui tout le mal de la terre, de tous les temps :

« Ce sont nos souffrances qu’il a portées ; c’est de nos douleurs qu’il s’est chargé… Il était blessé pour nos péchés(= nos fautes), brisé pour nos iniquités… Il s’est livré lui-même à la mort parce qu’il a porté les péchés de beaucoup d’hommes et qu’il a intercédé pour les coupables »*

(* Livre du prophète Esaïe, ch. 53).

Puis Jésus est ressuscité, c’est-à-dire redevenu vivant. C’est-à-dire qu’il a vaincu la mort et le mal, pour nous offrir l’espérance d’une nouvelle vie ! Dieu nous promet qu’il y aura, après la mort, un au-delà dépourvu de souffrance, sans mal, pour ceux qui se seront confiés en lui :
« Puis je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre…Dieu lui-même sera avec eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux et la mort ne sera plus. Il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu » (Apocalypse de jean 21:1,3-4)
« Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés » (Evangile de Jean 5:6).

Ce récit idyllique peut paraître utopique. Pourtant, Dieu donne une preuve à ceux qui croient en Jésus : il dépose en eux Son Esprit qui vient attester de la réalité d’un nouveau monde sans mal : « Le Saint-Esprit nous garantit les biens que Dieu a réservés à son peuple ; il nous assure que nous les posséderons quand notre délivrance sera complète. » (Epître de Paul aux Ephésiens ch.1 v.14). Cette assurance est, pour quiconque passe par des moments difficiles, un grand réconfort qui aide à traverser l’épreuve, qui apporte une joie et une paix profonde au sein de la tempête.


Pour aller plus loin :
Mode d’emploi pour croire en Dieu, rencontrer Dieu

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