Alcool : pourquoi je bois ? Comment en sortir ?

Alcool : pourquoi je bois ? Comment en sortir ?
Share Button

Témoignage d’une ancienne alcoolique. Réflexion sur la cause de l’alcoolisme et point de vue chrétien

Pourquoi je bois ?

Avec des amis, on a rencontré un jour des jeunes qui avaient fugué. Ils avaient laissé tomber le lycée et se faisaient de l’argent en dansant dans la rue. Après avoir passé deux heures avec eux, j’ai réalisé qu’ils vivaient quelque chose que beaucoup de gens cherchaient.

Ces gars n’avaient presque pas d’argent, pas de toit, leurs habits étaient sales ; ils n’avaient pas grand-chose à manger, mais ils s’étaient fait une communauté. Ils faisaient attention les uns aux autres, ils partageaient tout. Un des gars n’a mangé que la moitié de ce qu’on lui avait donné, parce qu’il voulait en garder pour un de ses amis qui n’était pas là. Ils se soutenaient, ils étaient une famille, ils s’aimaient vraiment. Ils nous expliquaient qu’ils avaient peur, que leurs mères leur manquaient, qu’ils se sentaient abandonnés. Ils avaient un style de vie que je ne choisirais pas, c’est sûr, mais ils vivaient quelque chose que bon nombre de personnes éduquées, « acceptables » auraient bien aimé vivre. Ils vivaient une vraie relation les uns avec les autres. Ils étaient connectés les uns aux autres.

C’est que nous voulons tous. Nous voulons une vraie vie. Nous ne voulons pas être comme les hamsters qui passent leur temps à tourner dans leur petite roue, en train de courir pour rien. Nous voulons vivre des relations. Nous voulons faire partie d’une communauté, où les autres se soucient de nous, où les relations durent, nous comblent, où on est à l’aise.

Mais il faut l’admettre, parfois ça fait mal, et c’est risqué. Alors peut-être fais-tu comme d’autres, tu passes une soirée en tête-à-tête avec une bouteille. Ça te détend, tu te sens mieux. Une bouteille est toujours accessible, elle est toujours là quand tu en as besoin. Une bouteille d’alcool ne va pas te juger, se moquer de toi. Quand tu bois, tu te sens invincible, drôle, tranquille.

Etancher la soif en nous

Ce n’est pas un scoop, nous cherchons tous l’amour aux mauvais endroits. Le psychologue Henri Cloud explique : « Nous avons tous besoin d’amour pendant les premières années de notre vie. Si nous ne recevons pas cet amour, nous ressentons un manque pour le reste de nos jours. Ce manque d’amour est si fort que nous ne pouvons pas le combler dans nos relations avec les autres. Nous le cherchons donc dans le travail, le sexe, la nourriture, l’argent, l’alcool… ».

Le médecin continue : « Les gens sont souvent accroc à une chose ou une autre, comme l’alcool, la cocaïne, le travail, les jeux d’argent, les mauvaises relations, le succès, le confort. Ces substances, ces activités ne satisfont jamais, parce qu’elles n’attaquent pas le problème à la base. On peut se passer de ces substances. En revanche on ne peut pas se passer des autres, on vit difficilement tout seul ».

Beaucoup de personnes disent qu’elles boivent pour s’amuser. Au premier abord, c’est une réponse acceptable. Mais au-delà de l’amusement, est-ce que tu t’es déjà demandé pourquoi les gens commencent à boire ? Il peut s’agir d’une échappatoire sur le moment, face au stress du travail, au futur incertain, à la pression.

Lorsque tu vis de bonnes relations, tu n’as pas besoin de trouver une sécurité dans l’alcool ou ailleurs.

Quand tu vis des relations satisfaisantes, tu n’as pas forcément besoin de combler ce vide par autre chose. Je ne sais pas si tu as des difficultés à avoir de vraies relations avec les autres. Je ne sais pas si tu es accroc à une ou plusieurs choses. Peut-être est-ce que tu bois trop, ou tu travailles trop . Ce sont des moyens pour combler ton besoin relationnel, ton besoin d’être connecté avec les autres

Le secours de Dieu

Le docteur Henry Cloud, psychologue clinicien, dit :  » Etre proche de quelqu’un est un des besoins fondamentaux de l’Homme. Dieu nous a créés avec une soif de proximité – avec Lui et avec les autres ». Le philosophe français Blaise Pascal a dit qu’il y a dans le coeur de l’Homme un vide à la grandeur de Dieu que rien ni personne, à part Dieu, ne saurait combler. Je ne parle pas d’un Dieu qui nous donne une liste de choses à ne pas faire, d’un policier céleste qui n’attend qu’une chose : que tu fasses une erreur pour qu’Il te montre du doigt. Je parle au contraire d’une relation avec Dieu basée sur l’amour, la confiance, la liberté et la paix intérieure.

Dieu t’a créé(e) pour que tu sois proche de Lui. Il t’aime, tel(le) que tu es. Tu n’as rien à faire, à changer pour qu’il t’aime davantage. Et il voudrait tellement que tu ressentes dans ton coeur son amour pour toi. Mais on a tous tendance à se dire qu’on n’a pas besoin d’aide, qu’on se débrouille tout seul. Certains se disent qu’ils feront appel à Dieu, s’ils en ont besoin. D’autres se disent que s’ils n’y pensent pas, ces histoires avec Dieu finiront pas partir ! D’autres encore reconnaissent qu’ils ont bien besoin d’une relation avec Dieu, mais cherchent à la mériter. Mais il faut savoir qu’on n’a pas à chercher à mériter l’amour de Dieu.

Dieu nous aime, parfaitement, d’un amour passionné, alors même qu’il connaît nos travers.

Jésus, l’envoyé de Dieu pour qu’on puisse le connaître, a dit : « celui qui vient à moi n’aura jamais soif« . Le fait de boire, ou de trop manger, a des conséquences un jour ou un autre. Le fait d’ignorer Dieu aussi, car il est la Source de l’Amour que nous cherchons tous. Tu n’y as peut-être pas encore réfléchi, mais il faudra y penser. Nous avons tous ce vide en nous qui peut être rempli par une relation avec Dieu. Alors penses-y : étanche ta vraie soif.

© everystudent.com, publié avec autorisation


Témoignage : ma lutte avec l’alcool

Bonjour. Je m’appelle C. et je suis une femme. Eh oui ! L’alcool touche aussi les femmes, bien que nous soyons moins nombreuses que les hommes. Mon histoire a commencé alors que j’étais médecin anesthésiste, mariée, avec une petite fille. A la suite de graves problèmes de santé de mon mari et de mon père et à cause de ma vie professionnelle stressante, j’étais déprimée. On m’a prescrit des antidépresseurs.

Un soir, en rentrant, j’ai voulu prendre un petit remontant et j’ai pris un porto. Mon mari ne boit pas ; ce n’est donc pas lui que j’ai copié. Mais voilà, de soir en soir, subrepticement, « l’aide » ponctuelle est devenue habitude. Je suis passée à une consommation régulière d’alcool, oh, non pas que j’y prenais du plaisir (certains oui, mais pas moi), mais parce que je devenais dépendante. J’ai augmenté les quantités, petit à petit. J’étais toujours sous antidépresseurs et en tant que médecin, j’étais très au courant et très consciente du risque que je prenais en buvant de l’alcool. Mais face à quelque chose de plus fort que soi, aucune raison ne tient.

Je me suis mise à boire même à midi et même des alccols forts (whisky…). Avec le recul, je me rends compte de l’importance d’avoir une vie équilibrée. Veillez à votre hygiène de vie : loisir, détente, amitiés, sport, rires entre amis, sommeil… au lieu de vous « défoncer » le samedi soir pour évacuer le stress ! On a l’impression à tort qu’il faut de l’alcool pour faire la fête. L’alcool nous désinhibe ; on a l’impression qu’on a plus de confiance en soi, qu’on est plus fort, plus léger. En réalité, on veut toujours être mieux ; on ne s’accepte pas ; on n’accepte pas nos limites.

Au bout de quelques temps, je me disais le matin : « aujourd’hui, c’est fini, tu ne boiras pas », mais l’alcool était plus fort que moi. Je ressentais l’état de manque. Je n’étais bien que quand j’avais bu un verre. C’est une vraie drogue, drogue dangereuse car facile à se procurer. Il n’y avait jamais d’alcool chez moi ; personne n’aurait pu se douter… Mais c’était plus fort que moi : j’allais à l’épicerie du quartier et je m’achetais une petite bouteille que je buvais en partie. Le reste, je le vidais.

Paradoxalement, je n’ai jamais accepté de boire. Certains le font avec goût. Moi je vomissais souvent après une prise d’alcool, parce que je n’aime pas le goût et parce que je ne voulais pas boire. Je voulais m’en sortir. Mais c’était plus fort que moi. Certains sont dépendants sans être conscients d’eux-mêmes. Moi non ; j’étais très lucide sur le fait de faire souffrir ma famille et ça renforçait ma douleur et mon mal-être. Je pleurais, je disais que je ne recommencerais plus, mais je n’y arrivais pas.
Au bout de 3-4 ans d’horreur, j’ai demandé à mon généraliste : « proposez-moi n’importe quoi, mais je veux sortir de là ». J’étais à bout. Il m’a envoyé dans un centre de désintoxication. Là, le sevrage a pu se faire. Sans ce milieu protégé, ce n’est pas possible. J’y suis restée un mois.

Pendant ce séjour, j’ai eu une voisine de chambre qui connaissait une association d’aide aux alcooliques, la croix bleue. Cette amie m’a dit avant que je ne sorte : « Attention ! Surtout, ne t’arrête pas en si bon chemin, sinon tu vas replonger. Vas dans une association ». J’y suis allée et j’ai vu que mon amie avait raison.

Je suis allée à toutes les rencontres de la croix bleue. Je m’y suis fait des amis. Quand on boit, on a un sentiment profond de solitude. C’est très réconfortant de voir qu’on peut encore avoir des amis. J’ai suivi en plus une thérapie individuelle de soutien. Depuis, je suis délivrée de l’alcool. Je n’en bois plus une goutte, même si, quand j’invite des amis chez moi, je sors des « apéro » et du vin (d’autres personnes guéries préfèrent sortir des jus de fruits).

N’importe qui est à la merci de l’alcool. Ce n’est pas le niveau social qui joue. C’est un piège parce que c’est insidieux, ça arrive sans qu’on s’en rende compte. Et c’est facile d’y tomber : c’est socialement accepté de boire (trop même). Un conseil : limitez-vous à un verre quand vous sortez ! N’acceptez pas de vous resservir ; prenez des jus de fruits à la place. Ne suivez pas les « mauvais » copains.


Pour en savoir plus sur la foi en Dieu:

Mode d’emploi pour croire en Dieu, rencontrer Dieu

Share Button
Mentions Légales — Copyright 2018 - Sevenside creation