Cannabis : en fumer est-il un acte banal ou pas ?

Cannabis : en fumer est-il un acte banal ou pas ?
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Une psychologue spécialisée dans les dépendances explique les effets du cannabis

L’idée la plus répandue consiste à croire que fumer du cannabis est sans danger puisque c’est un acte qui tend à se banaliser au sens où beaucoup le pratiquent.

Pourtant, l’usage répandu du tabac nous montre que ni la légalisation ni la banalisation d’un produit ne peuvent faire l’économie de la question des risques. Fumer régulièrement sur plusieurs années peut tuer. En tant que consommateur de substances « banalisées », je suis conduit à affronter certaines questions relatives à l’usage que je fais et ce pour toutes les drogues, qu’elles soient licites ou non : « Où j’en suis ? Suis-je en train de développer une dépendance ? Ma consommation est-elle en train de me nuire ? »

Pourquoi est-ce que je prends du cannabis ?

Il y a beaucoup de consommateurs de cannabis et tous ne sont pas dépendants de ce produit. Certaines personnes n’ont pas de soucis de santé avec ce produit car elles en consomment peu et de temps en temps, souvent dans un cadre festif. Le cannabis ne les fragilise pas au niveau psychologique. Il n’a donc pas d’incidence sur leur vie sociale, affective, scolaire ou professionnelle. Il faut reconnaître cet état de fait. Mais c’est bien cela en même temps qui est trompeur et séducteur avec le cannabis.

D’autres consommateurs, même occasionnels, voire « découvreurs », perdent au contraire pied avec la réalité et ont besoin de soins psychiatriques, d’autant plus s’ils sont « fragiles » et que le cannabis est fortement dosé. Comment savoir l’effet que le produit va avoir sur moi, même dès la première fois ?

De plus, ne pas rencontrer de problèmes particuliers avec un produit peut parfois nous faire oublier ses aspects plus « dérangeants ». On se réfugie derrière une pratique de groupe et l’on évite en fait de se « regarder faire » avec le produit. Certaines personnes ne rencontrent pas de problèmes avec la loi, ni avec leurs poumons, ni au niveau scolaire, mais elles ne font pas le point sur là où elles en sont. Elles font « comme tout le monde ». Mais peut-être sont-elles en train de nouer une relation toute spéciale avec le « joint ». Plus qu’un « élément festif », il devient alors  « un compagnon, un soutien, un anti-dépresseur ». Celui-ci commence à prendre une place spéciale de façon insidieuse.

En tant qu’humain « faire comme tout le monde », se fondre dans le groupe, s’identifier à des modes, est un comportement qui fait partie du quotidien. À certains égards, s’appuyer sur une pratique groupale peut être rassurant et bien fonctionner. Cela ne doit pas nous priver d’une petite introspection personnelle. Si l’on ose se regarder, s’examiner, l’on va peut-être découvrir une relation inattendue au produit et affronter des réflexions profondes, des questions qui touchent à notre humanité, voire à des difficultés personnelles. Les consommateurs occasionnels prennent malgré tout le risque de développer une dépendance, voire de vivre l’effet inverse de celui attendu.

Voilà ce que m’ont dit des consommateurs :
« Je me réfugie derrière la consommation du groupe d’amis, mais finalement ce produit me sert à autre chose que faire la fête, je crois que je veux oublier… » « Au fond de moi il y a une tristesse et ce produit me permet de ne pas la ressentir » « Plus rien ne m’intéresse en ce moment… Je ne vais plus en cours, je n’ai plus d’objectifs pour ma vie… » « Je fais ça pour faire comme les autres, c’est un moyen d’intégration, tous les copains le font. S’il n’y a plus ça dans le groupe, que fera-t-on ensemble ? » « Je suis plus angoissée qu’avant, alors j’augmente ma consommation, mais ça commence à plus trop faire d’effet, du coup je bois avec… » « Je m’invente une atmosphère, une façon d’être, un rapport au monde plus « cool », c’est mon identité, un mode de vie » « C’est ma façon d’envoyer paître le monde… »
Oui, il est possible de développer une dépendance à ce produit, de passer d’un usage occasionnel à un usage régulier… Et de faire du cannabis un refuge enfermant.

De plus, élément important : tous les consommateurs restent hors la loi. Cette question n’est pas à évincer même si beaucoup pensent qu’il y a une tolérance de la part de la Police. Elle renvoie à nos convictions, aux principes de vies que nous pouvons avoir, à notre inscription dans la société. Être arrêté avec du cannabis n’est pas sans conséquence car cela peut entraîner des poursuites pour usage, détention et transport ainsi que l’inscription sur notre casier judiciaire de tous ces éléments (ce qui peut par exemple, barrer la route à une vie professionnelle lors de l’embauche).

Les effets du cannabis

Pour répondre à cette question, je reprends les informations que vous pouvez trouver sur le site de la Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et les Toxicomanies (www.drogue.gouv.fr).

Les effets de la consommation de cannabis sont variables, ils dépendent du mode de consommation, de la teneur en principe actif (THC), de l’état psychologique du consommateur et du contexte : légère euphorie, accompagnée d’un sentiment d’apaisement et d’une envie spontanée de rire, légère somnolence. Les usagers de tous âges consomment généralement pour le plaisir et la détente. Cette ivresse s’accompagne d’une altération de la perception du temps, de la perception visuelle et de la mémoire immédiate, et provoque une léthargie. Elle peut communiquer un manque de motivation et empêcher d’accomplir certaines tâches multiples.

Des doses fortes entraînent des troubles du langage et de la coordination motrice, des temps de réaction augmentés. Ces effets peuvent être dangereux si on conduit une voiture et si on utilise certaines machines. Les principaux effets physiques du cannabis peuvent provoquer, selon la personne, la quantité consommée et la composition du produit : une augmentation du rythme cardiaque (palpitations) ; une diminution de la salivation (bouche sèche) ; un gonflement des vaisseaux sanguins (yeux rouges) ; parfois une sensation de nausée ; une augmentation de l’appétit, de la toux.

Les dangers du cannabis

Même si les effets nocifs du cannabis sur la santé sont, à certains égards, moins importants que ceux d’autres substances psycho-actives, il faut signaler certains risques :

– L’appareil respiratoire est exposé à un double risque : celui des goudrons toxiques résultant de la combustion du tabac et celui des goudrons contenus spécifiquement dans la fumée du cannabis. De ce fait, la consommation régulière de cannabis mélangée à du tabac sur plusieurs années peut induire l’apparition de cancer précoce du poumon (avant 45 ans). Ces risques de cancer peuvent être amplifiés dans certaines conditions d’inhalation (pipes à eau, « douilles »).

– Certains troubles mentaux, souvent difficilement perçus par la population et les consommateurs, peuvent être révélés ou aggravés par la consommation de cannabis (troubles de l’humeur, troubles anxieux et schizophrénie).

– Risques sociaux : l’achat du cannabis met en contact avec des circuits illicites, peut entraîner des dettes, voire conduit à des actes de délinquance (ex. : trafic pour se payer sa consommation).

– L’usage répété et l’abus de cannabis entraînent une dépendance psychique moyenne à forte selon les individus. En revanche, les experts s’accordent à dire que la dépendance physique est minime.

Le cannabis comme antidépresseur

Un usage régulier est souvent révélateur de problèmes, encore plus s’il s’agit de jeunes usagers. Le cannabis, de part ses effets anxiolytiques, peut être utilisé comme un antidépresseur. Il devient une sorte de « médicament » pour gérer un mal être, un vide intérieur, une tristesse, un manque de confiance, une souffrance profonde et sourde. Plus je me « soulage » avec ce produit plus je m’y enferme comme dans une bulle de coton.. Je cherche à ne plus rien ressentir, je cherche à m’évader, à oublier, à rire car je ne sais plus le faire sans ce produit. Ce qui est pratique, c’est que je peux le faire juste en fumant quelque chose, cela ne me demande pas d’efforts particuliers. Et puis je suis tellement révolté par tout, que j’ai envie de m’enfoncer, de me faire encore plus de mal, peut-être que quelqu’un le verra et se bougera pour moi….

À la longue cette solution est insatisfaisante, aliénante pour la personne qui s’enferme, se met en échec. Cette issue n’en n’est pas une. Ne plus être dépendant du cannabis implique d’accepter de trouver d’autres solutions, d’autres voies de dégagements pour sa vie, d’autres façons de s’apaiser intérieurement. On doit alors accepter de ne plus fuir et de se retrouver face à soi même, face à ce qui semble nous détruire, nous nuire. A-t-on envie de se lancer un défi pareil ? Pas toujours, c’est pourquoi il est parfois impératif d’être accompagné dans ce chemin-là.
Où trouver de l’aide ?

En France, il existe des Points Écoute pour les jeunes où l’on peut trouver une écoute, un soutien (consultations gratuites et anonymes). Il est possible également de se rendre dans des Centres Spécialisés de Soins en Toxicomanie où l’accueil est aussi gratuit et anonyme. Ces deux types de structures sont ouvertes à l’entourage et aux familles des consommateurs. Pour avoir des adresses, des informations, une écoute, un soutien, vous pouvez consulter cette page.

L’aide de Dieu

Sais-tu aussi que Dieu peut t’aider à t’en sortir, guérir les blessures profondes de ton coeur et te donner la force de changer de vie ? Dieu veut combler le vide de notre être mais pour cela il faut en tout premier que nous le voulions, que nous reconnaissions que nous ne me suffisons pas à nous-même. Il faut aussi que nous le cherchions… Il faut aussi être en mesure d’accueillir ce qu’il veut donner…et puis se laisser façonner par lui et donc lui faire confiance…et puis ensuite se réjouir ! Se réjouir de voir qu’il a agi et qu’il nous comble.


Pour en savoir plus sur Dieu:
Mode d’emploi pour croire en Dieu, rencontrer Dieu

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