Dieu : invention de l’homme ?

Dieu : invention de l’homme ?
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Dieu et la religion : invention de l’homme ? Ou bien l’homme a-t-il le sentiment de Dieu parce que Dieu existe réellement ? Examinons les civilisations…

A la recherche de Dieu dans les civilisations

La thèse de l’origine strictement humaine du concept divin s’est principalement diffusée au XIXème siècle. Parmi ses défenseurs figure l’anthropologue Edward B.Tylor, célèbre par sa vision évolutive des sociétés (1). Selon lui, la religion en général, loin d’avoir des causes surnaturelles, aurait eu des origines évolutives naturelles, l’homme s’étant, à chaque progression des civilisations, forgé des croyances calquées sur la structure sociale de l’époque, et visant à légitimer celle-ci. À commencer par le cerveau de quelques sauvages des temps anciens, lequel, ne disposant pas des lumières scientifiques pour expliquer les phénomènes physiques, aurait imaginé l’animisme, consistant à croire qu’une divinité se cache derrière chaque élément naturel. Après quoi l’homme, s’étant choisi des chefs et des rois, aurait transposé cette structure hiérarchique dans l’univers religieux, d’où par exemple le Panthéon des dieux gréco-romains. Et lorsque la monarchie est devenue absolue, l’humanité n’aurait plus toléré qu’un Dieu unique omnipotent.

Cependant, ses confrères anthropologues découvrirent que 90% des croyances tribales étaient fortement imprégnées de croyances en un Dieu unique, créateur de la terre et du ciel, invariablement bon, et impossible à représenter par une quelconque idole (2). Bref, un constat aux antipodes de celui espéré par Tylor. Etant donné que la croyance en un Dieu unique, créateur et bon, constitue un point commun à quasiment tous les peuples non atteints par les grandes religions, il va de soi qu’on ne peut l’attribuer à l’imagination spécifique de telle ou telle ethnie. D’où provient alors cette présupposition monothéiste universelle ?

« Nous n’en savons rien », répondent aujourd’hui les scientifiques les plus honnêtes. Pourtant, l’hypothèse la plus vraisemblable n’est-elle pas celle-ci : c’est qu’il y a en l’homme une prescience ineffaçable de la réalité d’un Être Suprême, auteur de toutes choses. On remarquera en outre que le fait de ne pouvoir représenter le Créateur, tel qu’il ressort dans l’étrange unanimité des traditions tribales évoquées plus haut, rejoint tout à fait la conception du Dieu unique de la Bible.

Posons-nous maintenant la question des caractéristiques des croyances et des caractéristiques de Dieu, pour voir s’il y a adéquation…

Caractéristiques des religions et caractéristiques de Dieu

Certaines religions orientales ont tenté de faire croire à l’éternité de la matière (cycles). La Bible s’inscrit en faux contre de telles conceptions, confirmant avant même qu’elles n’existent, les théories des astronomes à propos d’un début de l’univers et concernant la mort inéluctable des étoiles.

Au sujet de Dieu, la Bible est claire : « Avant que les montagnes soient nées et que tu aies donné un commencement à la terre et au monde, d’éternité en éternité tu es Dieu« , (Psaume 90, v.2). On sent qu’il y a là une conception qui défie toute imagination humaine, imagination visible dans les mythes hindouistes ou amérindiens où l’on voit nombre de divinités naître à l’instar des humains.

Selon certaines religions du monde, l’univers contiendrait la divinité, la deuxième se résumant donc au premier. On appelle cette conception le panthéisme. Dieu serait en toute chose, mais pas plus. Et de là à affirmer que « toute chose est Dieu », il n’y a qu’un pas que n’ont pas hésité à franchir certains courants religieux, tels la secte de la scientologie, ou bien encore l’hindouisme. La Bible, elle, dit que Dieu est omniprésent, agissant au sein de l’univers, mais elle n’en proclame pas moins qu’il est tout aussi transcendant, autrement dit indépendant du monde visible : « Les cieux, et les cieux des cieux ne peuvent contenir le Seigneur » (1er livre des Rois, chap.8 v.27). Une telle conception dépasse l’homme et sa capacité d’imagination : n’est-ce pas un élément en faveur d’une révélation d’en haut plutôt que d’une invention ?

Le déisme prétend que la création n’a plus aucun lien avec son Créateur, et suppose que ce dernier, après avoir donné la chiquenaude initiale au monde, l’aurait laissé aller sans plus s’occuper de lui, un peu comme un horloger remonte son horloge en la laissant ensuite fonctionner sans la moindre intervention de sa part. L’horloge et l’horloger… Les connaisseurs auront certainement reconnu l’expression de Voltaire, grand prêtre du déisme. Mais le déisme, sous couvert de reconnaître Dieu, n’est en réalité qu’une autre façon de nier son existence. En effet, si l’on pense que Dieu est totalement absent du monde actuel, on n’est en pratique pas plus avancé qu’un athée qui, n’espérant aucune intervention surnaturelle, en est réduit à chercher des substituts à droite ou à gauche.



La vraie question : spiritualité nourrissante ou non ?

Posons-nous la question : nos croyances réussissent-elles à étancher notre soif spirituelle ? Oh, certes, lorsqu’on est en société, on joue le jeu. On s’exprime ainsi : « Le mal et la souffrance dans le monde sont la preuve que Dieu n’existe pas ou s’il existe, qu’il ne s’intéresse pas à nous ». Seulement voilà, dans le secret de nos vies privées, vers qui nous tournons-nous ? Pourquoi les citoyens « raisonnables » que nous sommes se retrouvent-ils dans le cabinet des astrologues ou des cercles ésotériques ? L’homme moderne ressemble décidément beaucoup à l’homme antique…

Contrairement au déisme, la Bible atteste que Dieu, créateur du monde, continue à s’occuper de lui : « si Dieu ne pensait qu’à lui-même, s’il ramenait à lui Son Esprit et Son souffle, toute chair périrait en même temps » (livre de Job, chap.34 v.14-15). 

Mieux, même : Elle révèle qu’il est venu jusqu’à l’homme sous la forme du Christ. Dieu nous aime et cela l’a poussé à venir dans notre monde de misère et de méchanceté. Il a vécu comme un homme parmi les hommes, connaissant la pauvreté et la souffrance, la faim et la soif, la trahison et l’injustice, la torture et l’angoisse, le désespoir et la mort. Et non seulement il a partagé la souffrance humaine, mais encore et surtout il a pris sur lui tous les préjudices commis par chacun de nous au cours de notre vie terrestre, s’attaquant ainsi au problème du mal qui est à l’origine de la souffrance. Enfin, par sa résurrection, il donne une espérance réelle à tous ceux qui l’acceptent dans leurs cœurs. Dieu a beau être partout, dans l’univers comme hors de lui, il ne demeure pas partout : seulement chez les hommes et les femmes qui désirent avoir une relation personnelle avec lui et acceptent son intervention providentielle dans leur vie. « Dieu habite là où on le laisse entrer », disait fort justement le philosophe Martin Buber.

Notes :(1): Edward B. Tylor, Researches into the early history of mankind and the development of civilization, 1865.  (2): Pour plus de détails sur la question, on pourra lire L’Éternité dans leur cœur (éd. J.E.M, 1982), l’excellent ouvrage de Don Richardson dont s’inspire une partie de cet article.


Pour en savoir plus sur la foi chrétienne:

Mode d’emploi pour croire en Dieu, rencontrer Dieu grâce à Jésus-Christ

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